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jueves, 17 de febrero de 2011

La cultura cajún: una cultura con dificultades (segunda parte)

Joe Falcon y su primera esposa, Cléoma Breaux, trágicamente desaparecida, fueron los pioneros de las grabaciones de música cajún.



EL FRANCÉS HABLADO EN LUISIANA. PARTE II

Incluso entre los especialistas franceses y luisianeses está muy extendida la idea de que el francés es lengua cooficial con el inglés en Luisiana. Es una visión deformada del decreto aprobado por el Parlamento de Luisiana en 1968; en aquella sesión se declaró que cualquier lengua hablada en Luisiana podría ser empleada ante la administración, la justicia o cualquier otra institución, empresa o negocio ya fuera estatal o privado. Esto quiere decir que en este estado el español pude ser empleado legalmente, a pesar de su mínima presencia; igualmente las lenguas indias nativas, poco habladas también porque sus habitantes se francisaron muy pronto -de hecho son quienes mayormente conservan el francés-. La llegada masiva de vietnamitas depués de la guerra hizo que esta lengua fuera considerada legalmente como las otras. Igualmente pasó con la llegada a mediados del siglo XIX de una oleada de alemanes.

En todos estos ejemplos observamos que se trata de grupos lingüísticos muy minoritarios en Luisiana, con lo que hasta mediados del siglo XIX cambiaban sus lenguas por el francés, entonces la más hablada. A partir de la Guerra de Secesión, al estar Luisiana en el bando sureño, se la castigó prohibiendo la lengua francesa y prohibiéndola en las escuelas. Sucesivas constituciones fueron quitándole más terreno al francés.

En 1968, ante esta dislocada situación, el Parlamento Luisianés decidió que todas las lenguas tendrían el mismo estatus; ya era tarde:el inglés había ganado la batalla y sólo el francés seguía siendo una lengua bastante hablada. De ahí que haya habido quien ha creído que de facto dicha declaración suponía la llegada del bilingüísmo a Luisiana.

Y esto no es así: rotulos de carreteras sólo en inglés, prensa sólo en inglés, televisión y radio en francés inexistentes, escolarización con poca presencia del francés.

En los últimos tiempos, gracias a la perseverancia de los francófonos en emplear su lengua, se ha ganado mucho terreno y ya se puede hacer toda la enseñanza en francés; en ciudades como Lafayette las calles están rotuladas prácticamente en francés, algunas cadenas de televisión nacionales le dedican media hora diaria y existen varias estaciones de radio en francés.

Según las últimas encuestas, los jóvenes actuales tienden a hablar más el francés que sus padres, lo que en absoluto quiere decir que lo hablen más que el inglés; la interpretación que hay que dar a este importante hecho es que el grado de orgullo de los jóvenes cuando hablan francés ha subido mucho, mientras que la generación de sus padres lo consideraban una vergüenza, aunque lo hablaran.

Finalmente señalemos que actualmente se está realizando el censo en Luisiana y será muy interesante ver quién se declara francófono (anglófonos lo son ya todos) y de qué francés. Este es un caso curioso, porque en Lafayette, más de la mitad de los que se declaraban francófonos decían hablar el francés estándar, cuando es un hecho que hablan en francés cajún. Los más recalcitrates, entre ellos lingüístas eminentes como el Reverendo Jules Daigle, autor de un estupendo diccionario inglés-francés cajún, sostienen, sin ningún tipo de argumentación científica o de datos que el francés cajún es una lengua diferente al francés llamado estándar. Estas teorías, ampliamente criticadas y desmontadas por los profesores universitarios, han puesto las cosas en su sitio, pero deseando que el francés que se enseñe en sus escuelas sea el nativo, el cajún, el suyo y no el francés metropolitano.

La batalla continúa, apasionante, en Luisiana.

Os presento a continuación la segunda parte de mi conferencia en el 1er simposio de Escuelas Oficiales de Idiomas celebrado el Valencia en marzo de 2006. Una pequeña pero significativa bibliografía da fin al estudio.

MORPHOLOGIE

Le genre des noms est le même qu'en FS en ce qui concerne les mots du lexique commun, les mots nouveaux, c'est-à-dire, ceux qui sont venus s'ajouter après le départ de France et qui peuvent varier. Par exemple, on trouve
une accordéon
un guitare
À l'heure actuelle, les mots anglais de fraîche date se mettent au masculin et sont prononcés à l'anglaise:
le radio [´radjɔ]
le télévision [telə´viӡn]

Parfois, les hypercorrections se font norme ou coexistent avec la forme paradigmatique:
un animal / un animau
ou bien la coupure syllabique avec l'article n'est pas bien définie:
les oiseaux > un z-oiseau
phénomène connu aussi en d'autres parlers dialectaux et en créoles de base française comme celui de la Réunion. Il s'agit, en fait, de quelque chose de typique là où la langue n'a qu'une existence orale, en dehors de la force centripète de l'enseignement et de la culture.

Signalons que l'article indéfini a créé une forme analogique:
un / une , souvent orthographiés ein / eine à cause de leur prononciation.
On pourrait se demander si ce modèle a été importé de Normandie, où il existe dans le parler dialectal. La graphie 'eine' a été prise comme drapeau par ceux qui pensent que le FC est une langue à part entière et différente du FS. Mais il faut dire que ces mêmes gens oublient que d'autres caractéristiques du FC qu'ils considèrent exclusives existent aussi en français populaire. Voyons les plus importantes:
je, prononcé [ӡ / ∫] : je bois, je parle [ӡbwa], [∫parl]
tu, [ty] devant une consonne, parce que devant une voyelle il est systématiquement élidé : t'as
il, [il] devant une voyelle, [i] devant une consonne
elle [εl / al] devant une voyelle; [a] devant une consonne : elle boit [a'bwa]
nous n'existe que dans 'nous autres' [nuz´ot], autrement il est remplacé par 'on'
vous est le traitement de courtoisie; comme en FQ, cette forme de politesse disparaît rapidement (peut-être à cause de l'influence de l'anglais). Dans cet usage, 'vous' est reservé aux prêtres, bien qu'on l'entende aussi dans d'autres situations.
Pour signaler le pluriel de 'tu', on emploie 'vous autres' [vuz'ot], de la même façon qu'en anglais américain du sud 'you' s'oppose à 'y'all'.
ils [iz] devant une voyelle, sinon [i], est valable pour le masculin et le feminin :
des cloches, ils ont sonné
On emploie fréquemment 'ça' avec cette valeur de 3è p.p. :
ça dit que ... (ils disent que ...)

Il est impossible de savoir si ces réductions (comme celle de 'ils / elles' au profit de 'elles') sont dues à l'influence de l'anglais (où 'they' est valable pour les deux genres) ou à un procès de simplification propre à la langue française dans des conditions d'oralité et de manque presque total de référents culturels académiques (qui existent, mais en anglais!). Cela est bien évident dans la conjugaison; examinons par exemple l'indicatif présent des verbes 'parler' et 'aller' :

je parle vas
tu parles vas
il parle va
on parle va
vous parles vas
ils parlent/parlont vont

En réalité, les deux explications se tiennent l'une l'autre, parce qu'une fois éliminée la forme 'nous mangeons' ou profit de 'on mange', on a créé 'nous autres mange' et de là, vous autres manges' (graphié avec un -s, pour marquer le pluriel). La désinence de la 3è p.p. garde souvent la forme archaïque 'ils parlont' / 'ils parlant' (du fait de la confusion entre ces deux voyelles nasales, cf. supra).

La tendance à la régularisation est donc un fait, comme le futur 'je mangera'.

Pour la même raison, le subjonctif est en train de disparaître de la conjugaison au profit de l'indicatif présent. Cette tendance, existante déjà en FS pour le premier groupe, il faut la voir comme la suite logique de la simplification du subjonctif en FS (cf. l'imparfait du subjonctif). Ce temps verbal persiste en FC dans les cas les plus usuels :
que j'aie, que je sois

ou avec des formes particulières qui ne sont pas sans rappeler un français déjà perdu :
que je faisse, que je voie [vwεj]

Remarquons que le subjonctif, qui est en français normalement introduit par la conjonction 'que', disparaît aussi bien que la conjonction elle-même :
faut tu viens (il faut que tu viennes)

Et on pourrait se demander quelle en est la cause. En principe, la disparition de la conjonction 'que' semble une claire influence de l'anglais, de façon que les deux explications (régularisation et influence de l'anglais) vont de pair.

Que l'influence de l'anglais se fait vraiment sentir, c'est clair à l'impératif :
parle va
allons parler allons aller
parlez allez

ou 'allons' garde la même fonction que l'anglais 'let's' (let's go).

La régularisation existe aussi dans quelques formes innovatrices de la conjugaison :
prendre > je prendais
moudre > moudu
et même avec des formes étymologiques (qui subsistent encore en quelques FR) :
tiendre ('tenir')

SYNTAXE

Dans la syntaxe, on peut aussi déceler des copies de l'anglais tendant à la simplification à côté de tournures typiquement françaises :
avoir pour : j'ai pour balayer' (je dois balayer)
être après de : je suis après manger (en train de manger)
être en train de : je suis en train de laver mon char (sur le point de)
sortir de : je sors de manger (je viens de manger)
Il est à constater que la tournure 'être après + inf' existe aussi en Savoie et dans tous les créoles d'origine française.

À côté de ces formes, il y a des copies de l'anglais :
la fille je sors avec (the girl I go out with)
(la fille avec laquelle je sors)
qui existent aussi dans le FQ, mais qui sont plus fréquents en FC; en réalité, c'est la même chose, car ces copies visent à une égalisation et intercompréhension des deux langues. Le phénomène est universel entre les langues en contact (cf. la naissance du castillan en contact avec le basque ou celle du français en contact avec le franc) et, en tout cas, c'est à l'école et aux grammairiens d'y pourvoir.

Il est à remarquer que, parfois, ces apports de l'anglais se réalisent de façon contradictoire. Pensons à une phrase telle que
j'ai drive à mon ouvrage (j'ai conduit jusqu'à mon travail)
où l'on attendrait la forme 'drove' du passé anglais, comme dans
il est gone
qui coexiste avec 'il est parti'.

Ce sont des phrases qu'il faut comparer à d'autres qu'on emploie fréquemment en Louisiane :
je suis back dans cinq minutes
mon sink est tout stop up
je peux pas stand cette musique-là

Pourtant, malgré ces exemples, il ne faudrait pas croire que la communication s'interrompt entre un louisianais et un français, par exemple, car une certaine intuition entre en ligne de compte ainsi qu'une certaine connaissance de la langue anglaise. Celui qui écrit cet article a entendu en Louisiane quelque chose de très gentil :
enjoyez la visite, monsieur (enjoy the visit, sir)

Donc, on n'a pas de mal à comprendre
je suis après espérer pour ma mère
(je suis en train d'attendre ma mère)
où l'on reconnaît d'un côté l'expression 'espérer pour' de l'anglais 'to wait for' et d'un autre côté la tournure 'être après espérer' qu'on a déjà vue.

Quoi qu'il en soit, ce qu'il faut retenir, comme le signale parfaitement le professeur Ancelet, c'est que le français parlé en Louisiane est du français construit autrement; il donne l'exemple suivant :
il est après arranger son char
où tous les mots sont bien français, compréhensibles pour un Français, qui, pourtant, dirait
il est en train de réparer (ou de faire réparer) sa voiture

LEXIQUE

C'est dans le lexique que le FC acquiert sa personnalité, qu'il se différencie des autres parlers du FR, non pas parce qu'il est très différent mais à cause de sa distribution dans la chaîne parlée, de ses archaïsmes (par rapport au FS), de ses anglicismes -de plus en plus nombreux et avec une distribution tout à fait différente de celle du FS.

Le FC est le résultat d'un mélange de différentes nationalités qui ont pris le français comme langue commune et qui l'ont adapté à de nouveaux besoins de communication. Si bien toutes les langues, à un moment donné, se sont formées ou ont évolué de la même façon, le FC présente un grave problème : la rapidité avec laquelle son lexique change, l'acquisition de nombreux anglicismes à chaque génération, qui ne lui permet pas de se stabiliser.

Évidemment, on ne pourrait pas critiquer les néologismes qui viennent du besoin de nommer des animaux ou des plantes inexistantes en Europe; on ne pourrait pas critiquer non plus les mots français qui ne s'emploient plus en FS, ni les anglicismes de longue date, ni les hispanismes ou ces mots qui désignent des inventions inexistantes au 18è s. Le problème, c'est le remplacement systématique de mots originels par leurs correspondants anglais. Le noyau dur de la langue, c'est-à-dire, le lexique de base, se voit attaquer, de façon telle qu'à la fin, une langue remplace totalement l'autre.

Prenons des exemples.
Des langues amérindiennes, le FC a adopté 'bayou' (cours d'eau), le mot emblématique louisianais, ainsi que le mot 'ouaouaron' (grosse grenouille), qui existe aussi en FQ.

De l'espagnol, le FC a pris 'tchourisse' (chorizo), 'lagnappe' (

De l'anglais, on a des emprunts de longue et fraîche date tels que 'truck' [trœk] (camion), antenna (antenne), tape recorder, 'boguey' (

Des archaïsmes comme 'châssis' (qui coexiste avec fenêtre), 'catin' ('poupée' et non pas le sens actuel de 'putain' qu'on lui donne en France), 'espérer' (attendre, comme dans pas mal de FR), 'train' (bruit).

Des mots communs à d'autres du FQ comme 'gros char' (train), 'char' (voiture).

Il est important de signaler que, dans le domaine des expressions imagées, le FC est très vivant, comme le montre le livre “Tonnerre, mes chiens!”, de la professeur Amanda LaFleur :
quand les poules auront des dents
il ne faut pas chercher midi à quatorze heures
à côté d'expressions calquées sur l'anglais
il pleut des chiens et des chats
(it rains dogs and cats)
ou d'autres qui ont été tout simplement et naturellement adaptées
t'es pas Reagan! (pour dire 'tu n'es pas tout puissant')
va péter à Lacassine! (localité réputée être éloignée, près du Texas)
ou avec de petits changements
se rincer les yeux (se rincer l'oeil)
Enfin, la liste et les comparaisons pourraient devenir interminables. Signalons que de nombreux anglicismes sont entrés dernièrement en FS, mais ils ne sont pas les mêmes qu'en FC.


CONCLUSION
L'étude du français en Louisiane porte sur une variété de la langue française. Ses caractéristiques font de ce français un objet d'étude très intéressant, et non seulement à cause de ses caractéristiques linguistiques, mais parce qu'il n'est pas commun de voir une des très peu nombreuses langues internationales et universelles en danger d'extinction dans une partie de son territoire historique (trois siècles et demi de présence francophone en Louisiane permettent cet adjectif). Le principal danger du français en Louisiane vient du fait de perdre les caractéristiques qui lui sont communes à la langue française, à cause de la rapidité avec laquelle le français s'anglicise. Le risque de folklorisation est évident : truffer une conversation en anglais de quelques mots français n'est pas suffisant, de même qu'un journal qui n'a en français que le nom, ou bien considérer qu'être cajun consiste à faire de la cuisine cajun (excellente, d'ailleurs) ou à chanter leur musique française (une très bonne musique, d'ailleurs) sans comprendre les paroles, c'est-à-dire, en imitant les sons. Que la langue puisse passer de génération en génération dans ces conditions, c'est très difficile.

Le danger vient surtout d'une attitude propre aux Cajuns eux-mêmes. Leur sentiment d'infériorité en tant que parlants du français les pousse à employer de plus en plus l'anglais. En plus, il y a beaucoup de Cajuns qui ne se sentent pas identifiés avec le sentiment d'appartenance à une communauté globale universelle (qu'on appelle francophonie), en appuyant des points de vue tout à fait saugrenus à propos de l'adscription comme langue unique -et avec une autre origine que le français. Nul ne doute que les Cajuns ont tout leur droit à utiliser leur variété de langue -ce qui n'a pas toujours été bien compris par les autorités éducatives louisianaises. Mais la sécession linguistique sans aucune base scientifique mène à l'affaiblissement d'une langue.

C'est pour cela que l'étude des différentes variétés doit se faire de façon individualisée, afin de bien viser au centre du problème. Le français de Louisiane continue à ne pas avoir de référents culturels venant de la francophonie, malgré les efforts des intellectuels, des universités et malgré la politique d'oubli de l'ancienne métropole.

Voilà pourquoi le français, en Louisiane, est une langue en détresse.

lunes, 25 de octubre de 2010

La cultura cajún: una cultura con dificultades

El país cajún

EL FRANCÉS HABLADO EN LUISIANA. PARTE I



La lengua francesa es hablada en Luisiana desde 1755, cuando los habitantes de Nueva Escocia y de la Isla del Prícipe Eduardo, fueron brutalmente expulsados por los ingleses como consecuencia del tratado de Utrech (1713), el mismo que hizo ceder a la Corona Inglesa Gibraltar.


Quizá lo que más llama la atención es la persistencia con que esta población francófona sumida en un océano anglófono ha conservado su lengua y su cultura.


Obviamente, más de dos siglos y medio después, hacen que el francés hablado actualmente en Luisiana haya evolucionado de manera diferente al francés de otros lugares. A pesar de todo, el francés que se habla en el suroeste del estado, desde Nueva Orleáns hasta Dallas -ya en Texas- y desde las actuales negras playas de la costa del Golfo -debido al criminal vertido de petróleo de la BP- hasta Merksville (400 km. de largo por 250 de ancho) no difiere más que el francés hablado en Bretaña al francés de Camerún, o el de Ginebra al de Marsella o el de Montréal al de París o Tahití.

Comparémoslo con nuestra lengua, el español: en España se habla la lengua con diversos acentos, todos ellos reconocibles como pertenecientes a España, y que a veces, difieren más entre ellos que el español de México a oídos de un español. A su vez, un mexicano nota una gran diferencia con un bonaerense o un uruguayo, o un venezolano con un colombiano y así con cientos de ejemplos. Al mismo tiempo, cada país del mundo hispano presenta sus propios acentos por regiones.


Pero tanto en el caso del francés como del español -o de cualquier otra lengua- estas maneras de hablar no nos impiden ni comprendernos ni hacernos entender. Se deduce fácilmente, pues, que una lengua es una entidad abstracta que se materializa en cada país, en cada región, en cada comarca y, en última instancia, en cada persona. No existe un francés o un español mejor que otro: cada variante se ha adaptado a la perfección a un medio ambiente diferente.

Me propongo en esta primera parte mostrar las características generales del francés luisianés comparadas con el francés parisino estándar, que es el más conocido. Se trata de una conferencia que impartí hace tres años en el Primer Simposio de Escuelas Oficiales de Idiomas de España que tuvo lugar en la sede de Valencia. Como la conferencia la impartí en francés, en esa lengua la escribí. Espero que debido al tecnicismo y cientifismo del parlamento, sea suficientemente comprensible para quien no domine esta lengua. En último caso me ofrecería a traducir determinados párrafos, pues no hay cosa que más me desagrade que traducirme a mí mismo.


LE FRANÇAIS DE LOUISIANE : UNE LANGUE EN DÉTRESSE


Santiago González Carriedo

Escuela Oficial de Idiomas de Valencia


HISTOIRE


La France prit part assez tard -par rapport aux autres puissances européennes- à la colonisation des terres du Nouveau Monde. Ce n'est qu'en 1602 qu'une expédition de 80 familles fut envoyée sur la côte atlantique de l'actuel Canada. Les réticences françaises envers la colonisation américaine se poursuivirent jusqu'à la Révolution. Voltaire, parmi d'autres, signalait que cela ne valait pas la peine de se battre “pour quelques arpents de neige”. L'aventure américaine des Français ne possède pas l'ampleur de celle des Espagnols, des Portugais ou des Anglais, mais a laissé quand même des traces importantes, pleines de rebondissements, dans l'Histoire.


Sous l'ordre et le contrôle direct du Cardinal Richelieu, sous le règne de Louis XIV, 70 familles furent choisies dans le domaine de Richelieu dans le Poitou. À ce chiffre il faut ajouter 10 autres familles provenant de la Basse-Normandie et de Bretagne. Ces trois régions nous indiquent les origines linguistiques du français américain. En 1604, la colonie de Port-Royal est fondée dans le territoire de l'Acadie, aujourd'hui l'Île du Prince Édouard, La Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick et une partie de l'état américain du Maine. Le nom d'Acadie provient de la langue des indiens Mic Mac et signifie “terre fertile”.


Bien qu'originaires d'un système féodal, ces familles s'y établirent avec un autre mode de vie très différent des fiefs médiévaux, en contact permanent avec les pacifiques populations locales indiennes; cette existence sans seigneurs féodaux, avec une terre fertile et une vie pacifique est à l'origine de la fausse étymologie de 'Arcadie', en référence aux terres paradisiaques de la mythologie grecque.


Pendant ce temps, les Britanniques avaient colonisé la côte atlantique des actuels États-Unis, les célèbres 13 colonies qui ont donné lieu à la fondation de ce pays. Les luttes en Europe entre Français et Anglais virent le jour aussi en Amérique. L'actuel Québec passait alternativement des mains françaises à celles des Anglais. La fin de la guerre de 30 ans marque un tournant décisif pour ces gens qui ne se considèrent plus Français : le traité d'Utrecht de 1713 accorde l'Acadie aux Anglais. Mais l'Acadie étant trop proche des 13 colonies, les nouveaux propriétaires se méfiaient de la population locale. Les différents gouverneurs anglais essayaient, petit à petit, de faire disparaître les sentiments français des Acadiens. En 1750, le gouverneur anglais de la région voulut imposer l'allégeance à la couronne britannique des Acadiens. Ceux-ci résistèrent et la mesure prise par les autorités britanniques fut drastique : l'expulsion de leurs territoires de ces quelques 10.000 personnes d'ascendance française. On continue à nommer ce triste épisode “Le Grand Dérangement”. Des milliers de personnes qui périrent dans les vaisseaux, des milliers de gens qui s'enfuirent au Québec, des milliers de déportés en France (à Belle-Île-sur-Mer) et même en Amérique du Sud (jusqu'aux îles Malouines), d'où ils rebroussèrent chemin vers la France ou l'Amérique du Nord. De terribles traversées régies par le commandant Beausoleil, héros national acadien. Les bateaux accostaient dans les treize colonies; les Acadiens n'y étaient pas admis, en tant que Catholiques; ils durent faire un voyage à pied, chassés de partout; ces péripéties ont été racontées par Antonine Maillet dans son roman “Pélagie la charrette”.


Finalement, tous ces gens commencèrent à arriver en masse en Louisiane, sous la domination espagnole mais très francisée et catholique. Ils y furent admis malgré quelques réticences de la part des créoles français de la Nouvelle-Orléans et placés dans les territoires du Sud-Ouest de l'actuel état de Louisiane, dans les régions marécageuses, infestées d'animaux sauvages et avec un climat très chaud et très humide. Ces Acadiens essayèrent de recréer la société paradisiaque de leur ancienne Acadie. Oubliés de tous, ils y sont restés pendant trois siècles, ce qui leur a permis de conserver leur langue et culture jusqu'a présent.


Le premier européen à se rendre sur le delta du Mississippi avait été l'espagnol Hernando de Soto, au 16è s. À la fin du 17è s. le français Cavelier de la Salle réexplora la région et la déclara française en la nommant “Louisiane” en l'honneur du roi Louis XIV. La colonisation, pourtant, ne débuta qu'au début du 18è s. avec la fondation du fort des Opelousas en 1712 et de la Nouvelle-Orléans en 1718, comme simple comptoir commercial. À l'époque, la Louisiane était un énorme territoire qui allait des Grands Lacs jusqu'au Golfe du Mexique tout en suivant les cours du Missouri et du Mississippi, en réalité le même fleuve avec deux noms, entièrement navigable. Ainsi, la France établissait un contact entre le Québec et le sud. Des Français commencèrent à arriver pour s'installer à la Nouvelle-Orléans; leur descendance, pour se distinguer de ceux qui continuaient à arriver, se fit appeler “créole”, c'est-à-dire, Français nés à la Nouvelle-Orléans. La population noire se mit à croître, elle aussi, avec les esclaves et surtout avec les vagues de migration qui venaient des Antilles, notamment d'Haïti, d'où ils échappaient pour devenir libres. Ces Noirs, afin de se distinguer des autres Noirs -esclaves, anglophones- se disaient “créoles de couleur”.


En 1755, grâce à un traité secret, la Louisiane passa aux mains des Espagnols. Ceux-ci ne changèrent guère les habitudes des Louisianais et continuèrent la colonisation avec des Français. La langue française était de façon naturelle celle qui était employée dans l'administration et dans l'enseignement. Ce fut, donc, sous le gouvernement des Espagnols que les Acadiens, qui se nommaient déjà Cadiens, commencèrent à arriver en Louisiane. Ils furent envoyés dans l'arrière-pays, où ces Cadiens isolés menèrent une existence paisible et pauvre, loin des autres francophones.


En 1800, l'Espagne rendit la Louisiane à la France; Napoléon Bonaparte vendit cet énorme territoire aux Américains pour une somme ridicule. En 1812, le territoire de l'actuelle Louisiane devint le 18è état de l'Union; la première constitution fut rédigée en français et en anglais. Le reste de vaste territoire, à peine habité et pas du tout francisé, fut divisé en d'autres états.

 Carte de Louisiane au moment de son achat par les États-Unis.
The Historic New Orleans Collection


La guerre de Sécession marque un tournant décisif pour les différentes populations francophones de Louisiane. La Louisiane s'était rangée du côté de la Confédération; les soldats cajuns ne se sentaient pas concernés par une guerre qui n'était pas la leur. Mais, avec la victoire du Nord, de nouvelles constitutions furent rédigées où on en profita pour découper les droits linguistiques de la population jusqu'à ce qu'en 1912 une nouvelle constitution déclara l'abolition et l'interdiction du Français dans la vie publique et à l'école. L'anglais devint donc la seule langue officielle, à l'école, on punissait et discréditait les enfants qui parlaient en Français.


Cela n'empêcha pas que des milliers de soldats cajuns aient été envoyés en France lors de la II è guerre mondiale, sur les le front de Normandie, afin de mener à bout des tâches de traduction. Il faudra attendre jusqu'en 1955 pour que le premier Gouverneur cajun de l'Histoire organise des cérémonies de célébration du second centenaire de l'arrivée des Cajuns en Louisiane. Finalement, en 1968, le Parlement louisianais déclare que toutes les langues parlées en Louisiane ont les mêmes droits. Cela supposait, de facto, une déclaration de bilinguisme et une agence fut créée afin de donner forme à ce décret, le CODOFIL (Conseil pour le Développement de la Langue Française en Louisiane), sous la direction d'un ancien sénateur de Washington, Jimmy Domangeaux.




LA LANGUE FRANÇAISE EN LOUISIANE


En Louisiane on parle, du fait de son histoire, trois variétés de Français :


1. Le Français standard (FS), parlé par quelques milliers de personne surtout à la Nouvelle-Orléans; en effet, les descendants des Créoles continuent à envoyer en France leurs enfants pour compléter leur éducation.


Il s'agit d'un Français pratiquement parisien, avec quelques petites différences, dont la plus importante est le maintien de la distinction entre voyelles longues et brèves à la fin d'un mot :

venu (brève) - venue (longue)

qui existe encore aujourd'hui dans les parlers du Centre-Ouest et du Nord et qui tend à se perdre, ce qui arriva à Paris il y a un siècle.


2. Le Français créole, en réalité une langue à part entière différente du Français, très proche des parlers créoles d'Haïti, avec une base lexicale française et une structure syntaxique, bien que très modifiée, provenant de la langue yoruba du Nigeria.


Ce créole est parlé surtout par la population noire. Mais du fait de sa répartition géographique, il n'est pas rare de rencontrer des Blancs qui le parlent ou bien des Noirs qui ne parlent que français cadien. Quoi qu'il en soit, qui parle créole normalement s'exprime aussi en Français cadien.


3. Le Français cadien (FC), la variété la plus répandue en Louisiane; c'est l'objet de notre étude. Parlé par près d'un million de personnes dans le sud-ouest de l'État : de la Nouvelle-Orléans à la frontière avec le Texas; du Golfe du Mexique à Marksville. Il est difficile de savoir combien de locuteurs l'emploient quotidiennement, peut-être entre 250.000 et 300.000 personnes. En tout cas, grâce à l'enseignement et la disparition du manque de considération sociale quand on parle français, il semblerait qu'il a gagné du terrain parmi les jeunes de la dernière génération par rapport à celle de leurs parents.


Le FC est une variété dialectale de la langue française. Il a été créé à partir des dialectes d'Oïl du Centre et de l'Ouest et il répond aux nouveaux besoinscommunication des francophones installés en Amérique au début du 17è s. Il ne s'agit donc pas d'un français parisien, parce qu'a cette époque-là, bien que très important, ce n'était qu'un autre dialecte et non pas la langue universelle qu'il est devenu. C'est pour cela que le FC présente de nombreuses caractéristiques avec le français du Québec (FQ) et surtout avec le français d'Acadie, d'une part, et avec pas mal de dialectes régionaux de France, d'autre part, mail il garde toujours ses caractéristiques propres; autrement dit, les éléments linguistiques du FC ont beaucoup de similitudes avec d'autres dialectes français, mais ces caractéristiques sont ordonnées différemment. En plus, le FC a subi tout le long de son histoire une grande influence de la part de l'anglais, ce qui fait de lui un dialecte unique. Signalons, finalement, qu'il n'existe pas un seul FC, parce que celui-ci est morcelé en dialectes, mais ceux-ci se reconnaissent dans une structure abstraite supérieure : le français cadien.


CARACTÉRISTIQUES DU FRANÇAIS CADIEN


PHONÉTIQUE


Le FC présente les mêmes phonèmes vocaliques que le FS, mais avec des réalisations phonétiques différentes. Par exemple, /i/ et /u/ ont une réalisation brève et non tendue en syllabe accentuée:

la nuit [nɥI], le jour [ӡUr], aujourd'hui [oӡurd'ɥI]

Ce même phénomène existe aussi en Français québécois (FQ), ici seulement si la syllabe tonique est fermée (dix [dIs]). La tension de la voyelle se voit ainsi réduite. On s'est demandé s'il s'agit d'une influence de l'anglais, compte tenue de la répartition géographique du phénomène en Français.


D'un autre côté, la réalisation de /e/ et /ε/, et /o/ et /ɔ/ à la fin de mot est [e] et [ɔ] :

il parlait [i par'le]


un pot [pɔ]

On trouve [ɔ] en contact avec [z]:

chose [∫ɔ:z]

Puisque ces voyelles finales sont prononcées de cette façon dans pas mal de régions dialectales, on ne peut rien en conclure, la réalisation du FS étant en fait celle du français régional parisien.

La distinction entre /a/ et /ɑ/ ne semble plus exister, comme dans les dialectes du Centre et de l'Ouest.


Les consonnes présentent aussi le même système qu'en FS. Signalons, toutefois, que /R/ est toujours prononcé [r] apical; le changement phonétique de [r] > [R] s'est produit à Paris au 18è s., époque à laquelle les louisianais étaient déjà, bien entendu, hors de France. On a parfois signalé en Louisiane qu'il s'agissait d'un trait de prononciation dû à l'influence espagnole; cette idée doit être abandonnée. En plus, cette prononciation est la norme dans beaucoup de français régionaux (FR).


On voit, donc, que du point de vue phonétique, le FC présente pratiquement le même système que le FS avec une distribution un peu différente, mais la même chose si on la compare avec certains FR et langue populaire. Un exemple de cette dernière caractéristique, c'est la réduction des syllabes finissant par -tre, -bre, -dre, qui sont prononcées [t, b, d] :

théâtre [te' at]


autre [ot]


descendre [de'sãd]


ce qui parfois a été interprété de façon erronée et c'est ainsi que 'jambe' est écrit 'jambre' par certains auteurs cajuns.


Et si ce trait de prononciation est commun au français populaire ou à la langue orale, la confusion entre [ã / ɔ̃] est typique aussi dans beaucoup de FR; les deux sons existent, mais la tendance et à faire disparaître l'un d'eux; c'est ainsi qu'en FC 'penser' peut devenir 'ponser', du fait de la forte vélarisation de [ã].


Un autre trait phonétique typique des ces FR et du français acadien est la palatalisation de [k] et de [t] devant une voyelle palatale :

queue [t∫ø]


diable [tӡab]


cul [t∫y]

miércoles, 21 de julio de 2010

La música cajún: mi gran pasión

Siendo bien joven , con tan sólo veintitrés años, aprobé la primera de mis dos cátedras de francés. En este caso era para Bachillerato y fui destinado a Avilés, en Asturias, bella ciudad entonces sin mucho atractivo cultural. Al lado de mi casa, para mi gran suerte, había una buena tienda de discos y allí descubrí a los  "Frères Balfa", un grupo de Luisiana, estadounidenses por lo tanto, que cantaban y hablaban francés como lengua materna. Mi interés como lingüísta y como profesor de francés se despertó súbitamente ante tal descubrimiento -del que yo no tenía más que vagas nociones. Durante años recopilé la música de estos descendientes de  franceses expulsados de Nueva Escocia (Canadá) en 1750, en virtud del tratado de Utrech (por el que Gibraltar pasó a manos británicas). En 1755, después de una larga y triste diáspora, se reunieron en Luisiana, a la sazón bajo dominio español y cultura francesa. Fueron enviados a las zonas más insalubres del enorme delta del Mississippi, prácticamente inaccesible, lo que les permitió conservar su lengua de origen y cultivar sus tradiciones y cultura hasta el día  de hoy. En la actualidad, cerca de un millón de personas siguen hablando francés en el sudoeste del estado y su música es cada vez más conocida. A finales de la década de los 90 comencé a dar en mi centro de trabajo -la Escuela Oficial de Idiomas de Valencia- una serie de conferencias-audiciones sobre la lengua, cultura y música de estos sin tierra (que siguen llamando a sus compatriotas anglófonos "les américains"). En 1999 me decidí a pegar el gran salto y asistir al II Congrès Mondial Acadien. Allí escuché a los mejores, hablé con ellos, me imbuí de su música y de su peculiar francés en un viaje inolvidable. A mi vuelta a Valencia, la decisión estaba ya tomada: formaría el primer -y único- grupo de mucica cajún en España y uno de los cuatro o cinco que existían en toda Europa. "The Cajun Alligators of the River Turia" acababan de nacer, con un violinista irlandés, un guitarrista valenciano, un batería también de la tierra, un bajista de Xàtiva y un acordeonista-pianista y flautista bonaerense. El cantante era yo mismo, por mi dominio del dialecto francés luisianés y por mis conocimientos culturales. Actuamos pocas veces, con gran éxito. Desgraciadamente el grupo de desmembró aunque aún quedaran actuaciones pendientes.
Os muestro programas, letras de canciones, canciones tomadas en vídeo de nuestra extraordinaria actuación en el Intitut Français de Valence. Por ahora sólo hay dos canciones, os iré poniendo más.